Les personnes derrière James Hardie. Rudy Giesbers
Temps de lecture : environ 4 minutes
Lorsque Rudy Giesbers a rejoint James Hardie aux Pays-Bas (alors encore Vagips, devenu plus tard fermacell®) en février 1992, son projet était simple : travailler quelques mois pour gagner de l’argent afin de sortir, puis voir ce que l’avenir lui réservait. Plus de 34 ans se sont écoulés depuis, et Rudy est aujourd’hui un élément incontournable de l’usine de plaques de fibres-gypse de Wijchen. Depuis janvier 2024, il occupe le poste de formateur en milieu professionnel, où il transmet les ficelles du métier aux nouvelles générations de collaborateurs.
Du secteur de la santé à l'usine
La carrière de Rudy a commencé dans un tout autre domaine. Après le HAVO, il a suivi pendant trois ans une formation dans le secteur des soins Z (soins aux personnes présentant un handicap mental), où théorie et pratique s’alternaient. « À un moment donné, je me suis rendu compte que ce n’était finalement pas ce que je voulais », raconte Rudy. « Par l’intermédiaire d’un ami, j’ai appris que Vagips recherchait de nouveaux collaborateurs. En fait, je voulais juste travailler pendant trois mois environ pour passer le temps. »
Ce « pont » s’est transformé en une vie entière. Rudy a commencé comme emballeur. « Avant, on devait encore emballer les palettes à la main. C’était aussi un moyen de voir si on avait envie de travailler, simplement pour vérifier qu’il y avait bien la bonne viande dans le bac. » Il a passé par tous les postes de l’usine : du ponçage et du sciage jusqu’à la presse. En 2006, il est devenu chef d’équipe, un poste qu’il a occupé avec une grande conviction pendant pas moins de dix-sept ans.
Le passage au travail de jour : calme, propreté et régularité
Fin 2023, son état de santé l’a contraint à lever le pied après un léger infarctus. Ce moment a parfaitement coïncidé avec une demande concrète de la part de l’entreprise : il fallait quelqu’un capable de former de manière structurée les nouveaux collaborateurs de la production.
« Après plus de trente ans de travail en équipe, mon corps avait besoin de cette régularité », explique Rudy. Il a saisi à deux mains l’opportunité offerte par ce nouveau poste en équipe de jour. En collaboration avec Elke Hooyman (coordinatrice Lean & Production), il a mis en place, dès le début de l’année 2024, un tout nouveau parcours d’intégration et de formation partant de zéro.
Les nouveaux collaborateurs commencent par un livret d’intégration qui leur permet de découvrir par eux-mêmes, sur le lieu de travail, les règles de base et les consignes de sécurité en usine. « On ne leur sert pas tout sur un plateau », explique Rudy. « Ils doivent se plonger eux-mêmes dans les schémas et comprendre pourquoi certaines choses sont organisées ainsi. » Au bout de trois à quatre semaines environ, une fois le livret d’intégration terminé et validé, un moment officiel a lieu : le changement de casque. « Ils passent alors du casque vert, qui signale qu’une personne est nouvelle, à un casque jaune. C’est à ce moment-là qu’ils font vraiment partie de l’équipe. »
Mais l’apprentissage ne s’arrête pas là ; ce n’est que le coup d’envoi. En effet, le parcours de formation intensif sur les postes de travail spécifiques bat alors son plein. La durée de ce parcours dépend fortement de la machine. Rudy : « L’emballage est assez facile à apprendre, mais la presse est très grande et complexe. Avant de connaître cette machine et toutes ses applications sur le bout des doigts, il faut compter environ un an ou deux. »
Ce qui me procure le plus de satisfaction, ce sont les personnes qui ont vraiment soif d'apprendre et qui mènent leurs propres recherches.
Rudy Giesbers
Formateur en milieu professionnel
Des circuits de communication courts sur le lieu de travail
Quand on travaille quelque part pendant 34 ans, on voit bien sûr l’usine changer énormément. C’est surtout en matière de sécurité et de professionnalisme que des progrès considérables ont été réalisés. « Avant, on pouvait encore fumer partout et les collègues s’aspergeaient mutuellement avec la lance à incendie pour plaisanter », raconte Rudy en riant. « Bien sûr, ce n’est plus du tout possible aujourd’hui. C’est un monde de différence. »
Ce qui, heureusement, est resté inchangé au fil des années, c’est l’ambiance décontractée. « En toutes ces années, je ne suis jamais allé travailler à contrecœur. Ici, les circuits de communication sont extrêmement courts. On peut s’adresser à n’importe qui à tout moment. »
Afin de garantir cette bonne base à ses collègues, Rudy est également actif en tant que cadre au sein du syndicat CNV. « À l’époque, plus personne n’occupait ce poste, et je trouve tout simplement très important que nous ayons et conservions une bonne convention collective pour les gars sur le terrain. »
Quand on pense que nous traitons ici, en réalité, des déchets et que nous produisons quinze millions de m² de plaques de fibres-gypse, on se rend vraiment compte à quel point ce produit est exceptionnel.
Rudy Giesbers
Formateur en milieu professionnel
Fiers d'un produit écologique
« Ce qui est formidable, c’est que nous fabriquons tout à partir de matériaux que d’autres considèrent comme des déchets. Nous ne jetons rien, nous réutilisons notre propre eau et nos propres déchets, et nous produisons ainsi de manière très écologique. Quand on pense que nous fabriquons chaque année près de quinze millions de mètres de plaques de fibres-gypse fermacell® et que nous continuons à les vendre, c’est vraiment quelque chose dont on peut être fier. »
Dans la cuisine et devant le petit écran
Rudy habite à moins de cinq kilomètres de l'usine. Le mois prochain, il fêtera ses 30 ans de mariage et il a deux enfants adultes, dont le plus jeune vit encore à la maison. Pendant son temps libre, il aime cuisiner, rendre régulièrement visite à sa mère et regarder des séries et des films. De « Game of Thrones » à « Stranger Things » en passant par « Lost », il les regarde toutes. Mais il reste exigeant : « Une série doit me captiver dès le premier épisode, sinon je laisse tomber. »
C’est cette même alchimie immédiate qu’il recherche également au travail. Car tout comme une bonne série doit le captiver dès la première minute, il préfère qu’un nouveau collaborateur s’investisse pleinement dès le départ. Si l’engagement et la curiosité sont au rendez-vous dès le premier jour, Rudy sait que tout va bien.